Renée Mouritz, pour une Planète plus propre

Nous devons voir les déchets comme des ressources et non comme juste des ordures

Renee MouritzBiologiste Marin et Activiste

C’est par une belle journée ensoleillée d’hiver (et oui, c’est l’hiver) que nous avons retrouvé Renée Mouritz, biologiste marin et fervente activiste de la cause océane, chez elle, au milieu de la forêt. Nous l’avions déjà rencontrée (qu’elle a organisé) lors d’une projection du film « Un océan de plastique« , donc nous sommes allés directement au cœur du sujet : les débris marins et l’envie de réduire cette folie du plastique. Rétrospective.

Comment avez-vous commencé à agir contre la pollution plastique ?

Vivant sur la côté, j’ai commencé à m’intéresser aux débris marins dès mon plus jeune âge. J’étais déjà amoureuse de l’océan. Comme une évidence, j’ai étudié la biologie marine et me suis engagée dans la protection de l’environnement grâce à l’association Tangaroa Blue. Avec eux, j’organise depuis 13 ans « Western Australia Clean Up Day », en octobre, avec environ 150 sites de nettoyage dans tout l’état .

La base de données des débris marins développée par l’association est une bonne façon de sensibiliser parce que les déchets sont des preuves. Cela nous permet de travailler et de trouver des solutions pour les entreprises sans critiquer leurs actions.

Que faites-vous en ce moment ?

Je travaille quelques jours par semaine comme guide dans une grotte locale et aussi pour une organisation appelée Outdoor Discoveries, menant des activités telles que la descente, la randonnée, exploration de caves. Ce travail est une occasion pour moi de sensibiliser les enfants par des collectes de déchets et d’essayer de les engager dans la conservation. L’idée n’est pas de convaincre tous les enfants, mais de motiver la bonne personne qui aura la bonne idée.

Vous avez beaucoup de déchets dans votre conteneur, d’où viennent-ils ?

Je vais souvent à la plage et collecte des ordures sur le chemin. J’ai toujours aimé l’environnement intact, alors quand il y a quelque chose qui traine, ça fait tache. S’occuper de la nature est une évidence, dès que je vois un déchet, il faut que je le ramasse.

Dans la caverne de Renee, son conteneur, rempli des trésors qu’elle a trouvé lors de ses ramassages

Quelles sont les causes de ce problème de pollution plastique et quelles sont les solutions ?

Une partie du problème vient de cette culture du « tout jetable » et des gens qui n’ont plus le temps. Ils sont déconnectés de la nature et ne comprennent pas le message passé par la souffrance animale. Mais parce que la pollution plastique menace la santé, les gens commencent à s’inquiéter. Je suis vraiment intéressée par le projet The Ocean Cleanup de Boyan Slat qui pour moi fait partie de la solution.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Votre aventure du Cap Leeuwin au Cap Naturaliste me fait penser à « Packing it out », deux types à fond dans la randonnée aux Etats-Unis. L’année dernière, ils ont parcouru le Pacific Crest Trail et ramassé ce qu’ils trouvaient en chemin (matelas, charges lourdes et beaucoup de matières plastiques). Leur travail est impressionnant !

Un message positif pour terminer ?

Nous devons voir les déchets comme des ressources et non comme juste des ordures. Nous devons voir la valeur dans les choses qu’on jette.

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